SONACOS : l’heure du sursaut national

Vendredi 22 août 2025, la Primature a abrité un Conseil interministériel aux allures de sommet de la dernière chance. Autour du Premier ministre Ousmane Sonko, plusieurs membres du gouvernement et le directeur général de la SONACOS ont planché sur l’avenir de la Société nationale de Commercialisation des Oléagineux du Sénégal. À l’issue de cette rencontre décisive, quatorze mesures fortes ont été adoptées pour remettre sur les rails ce fleuron stratégique en difficulté.
Un géant fragilisé
Acteur central de la filière arachidière et de l’industrie de transformation, la SONACOS incarne depuis des décennies un pan essentiel de l’économie sénégalaise. Mais les chiffres récents font froid dans le dos : plus de 33 milliards de pertes cumulées entre 2023 et 2024, des capitaux propres dans le rouge, des usines vieillissantes et une concurrence étrangère féroce. Autant de signaux alarmants qui menacent sa survie.
Pourtant, la SONACOS n’est pas un acteur comme les autres. Avec plus de 2 300 emplois recréés lors de la dernière campagne, et une collecte record passée de 12 900 à 155 000 tonnes d’arachides, la société reste un poumon économique pour des milliers de producteurs et un levier de souveraineté alimentaire.
Le plan Sonko : quatorze mesures pour rebâtir
Face à ce constat, le Premier ministre a tracé une feuille de route ambitieuse. Parmi les décisions phares :
Reconstitution des fonds propres pour redonner de l’air à la société ;
Allègements fiscaux et douaniers afin de soutenir sa compétitivité face aux importations ;
Contrôle renforcé des prix de l’huile pour protéger le consommateur sénégalais ;
Révision du code des marchés et des investissements pour adapter la SONACOS à la réalité industrielle ;
Régulation accrue de la filière arachidière, afin de limiter l’exportation massive des meilleures graines.
L’État s’engage également à accompagner la société dans ses futurs projets de partenariat public-privé et à garantir des financements adaptés pour les campagnes de commercialisation.
Un symbole politique et économique
Au-delà des chiffres, la SONACOS concentre un enjeu politique fort : prouver que l’État peut sauver un fleuron national longtemps fragilisé par des privatisations ratées et des gestions hasardeuses. En misant sur la souveraineté alimentaire et l’industrialisation locale, le gouvernement entend faire de la société un instrument central de la Vision Sénégal 2050.
2031 en ligne de mire
L’objectif affiché est clair : d’ici 2031, la SONACOS devra être capable de financer seule ses campagnes agricoles et verser des dividendes à ses actionnaires. Autrement dit, passer d’une entreprise sous perfusion à une société autonome, compétitive et rentable.
Reste à savoir si ces quatorze mesures suffiront à transformer l’essai. Mais une chose est sûre : le sort de la SONACOS dépasse largement le cadre industriel. C’est l’avenir de toute une filière, et avec elle, une part de la souveraineté économique du Sénégal qui est en jeu.












