Tambacounda : la production de coton bondit de 60 %, portée par une nouvelle dynamique agricole

La filière cotonnière sénégalaise reprend des couleurs. Selon le directeur général de la Société de développement et des fibres textiles (SODEFITEX), Pape Fata Ndiaye, la production nationale devrait atteindre 25 000 tonnes en 2025, soit une hausse spectaculaire de 60 % par rapport à la moyenne des années précédentes, qui plafonnait autour de 15 000 tonnes. Cette performance, fruit d’une politique agricole volontariste, confirme le redressement progressif d’un secteur longtemps en perte de vitesse.
L’annonce a été faite à Tambacounda, en marge d’une tournée de terrain du ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne. Accompagné des autorités administratives et locales, le ministre a sillonné plusieurs zones agricoles de la région pour constater l’état d’avancement de la campagne en cours. À Dialakoto, première étape de sa visite, il a notamment rencontré un producteur emblématique exploitant huit hectares de coton à Bantancoli.
Face à des parcelles verdoyantes et prometteuses, Mabouba Diagne n’a pas caché sa satisfaction. Il a salué “le bon état des cultures” et “l’engagement remarquable des cotonculteurs” de la région, avant d’y voir “l’impact concret des efforts consentis par le gouvernement pour accompagner les producteurs”.
Selon le ministre, ces résultats traduisent une meilleure disponibilité des intrants agricoles et des financements adaptés : “Nous avons accompagné le secteur avec un budget record, en veillant à ce que 90 à 95 % des semences et engrais parviennent effectivement aux ayants droit”, a-t-il assuré. Cette rigueur dans la distribution, combinée à une meilleure organisation de la filière, a permis d’amorcer un véritable tournant productif.
Le ministre a aussi replacé la performance du coton dans un contexte agricole plus global. “Passer de 15 000 à 25 000 tonnes de coton reflète la dynamique que nous observons sur d’autres cultures : 250 000 tonnes pour la pomme de terre, 450 000 tonnes pour l’oignon, et des gains de productivité dans plusieurs spéculations”, a-t-il souligné.
Mais malgré ces succès, les défis demeurent. Mabouba Diagne a évoqué la nécessité d’accélérer la mécanisation et de maîtriser l’eau pour garantir une production agricole continue tout au long de l’année. Dans cette perspective, il a instruit les autorités régionales à élaborer un Plan de développement agricole intégré de Tambacounda (PDAIT), qui servira de feuille de route pour valoriser les potentialités locales.
Le ministre a également invité la SODEFITEX à proposer un contrat-programme spécifique à la filière coton, afin de consolider les acquis et planifier durablement sa croissance. Par ailleurs, quatre à cinq coopératives d’utilisation de matériel agricole (CUMA) seront prochainement mises en place, destinées à appuyer les jeunes et les femmes dans la culture du coton, en partenariat avec la Direction du matériel et de l’équipement rural (DMER).
Entre ambition nationale et dynamisme local, Tambacounda se positionne désormais comme un maillon fort du renouveau agricole sénégalais. Si la tendance se confirme, la région pourrait bientôt redevenir l’un des principaux bassins cotonniers du pays — symbole d’une agriculture sénégalaise en pleine transformation.












