Téléphones à l’école : Moustapha Guirassy nuance l’interdiction

À Dakar, le ministre de l’Éducation nationale a apporté, vendredi, des clarifications sur la mesure interdisant l’usage du téléphone par les élèves dans les établissements scolaires. Une décision qui continue de susciter débats, mais qui, selon lui, repose sur un large consensus.
La polémique enflait depuis plusieurs jours. L’arrêté ministériel interdisant les téléphones à l’école avait été perçu par certains comme une règle rigide, coupée des réalités. Moustapha Guirassy, ministre de l’Éducation nationale, a tenu à rectifier le tir : « L’interdiction n’est pas absolue », a-t-il déclaré à l’issue d’une séance de travail avec la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique.
Selon lui, l’appareil électronique peut être utilisé dans un cadre strictement encadré : à la demande d’un enseignant, pour des besoins pédagogiques, ou encore pour des raisons de sécurité, notamment au bénéfice des élèves en situation de handicap. « L’objectif est de protéger l’enfant contre les effets néfastes de l’addiction au téléphone, mais aussi de développer ses facultés cognitives et sa capacité de concentration », a expliqué le ministre.
Moustapha Guirassy insiste : la majorité des Sénégalais adhèrent à cette mesure. Parents, familles, enseignants et même de nombreux élèves y voient un moyen de préserver le climat scolaire. « Plusieurs écoles d’excellence interdisent déjà l’usage du téléphone. Et les élèves concernés ne s’en plaignent pas. Ils utilisent l’appareil en dehors du cadre scolaire et s’en portent bien », a-t-il souligné.
La décision n’est pas sortie du néant. Le ministre rappelle qu’elle est issue d’une vaste consultation menée avec les acteurs du système éducatif. Une démarche participative qui visait à recueillir les avis avant de prendre position.
Mais le consensus n’est pas total. Certains enseignants et parents d’élèves continuent de s’opposer à cette interdiction, estimant que le téléphone peut s’avérer nécessaire dans certaines situations, qu’il s’agisse de recherches pédagogiques ou de sécurité.
Entre encadrement, interdiction et usage raisonné, le téléphone scolaire cristallise ainsi un débat plus large : celui de la place du numérique dans l’éducation. Faut-il bannir l’outil pour protéger l’élève, ou l’intégrer davantage pour l’accompagner vers l’avenir ?
Moustapha Guirassy a tranché, du moins pour l’instant : le téléphone n’a pas sa place dans les classes, sauf exception encadrée. Une manière de rappeler que l’école demeure d’abord un lieu d’apprentissage, loin des notifications et des écrans omniprésents.












