Finances publiques : plus de 2 700 milliards FCFA de recettes fiscales enregistrés à fin août 2025, selon la DPEE

Au Sénégal, les finances publiques affichent un visage contrasté sur les huit premiers mois de l’année 2025. Selon les données publiées par la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE), les recettes fiscales ont atteint 2 712,1 milliards de francs CFA, soit une progression de 201,8 milliards (+8 %) par rapport à la même période de 2024. À cela s’ajoutent 171 milliards de francs CFA de recettes non fiscales, traduisant une performance notable de l’administration fiscale, portée notamment par les recouvrements sur l’impôt sur les revenus.
Cette dynamique haussière se retrouve sur plusieurs postes clés. L’impôt sur les sociétés a progressé de 10,9 % pour atteindre 522,4 milliards de francs CFA, tandis que la taxe sur les biens et services intérieurs s’est élevée à 424,8 milliards (+11,2 %). La TVA à l’importation, pilier essentiel des recettes douanières, a enregistré une hausse de 5,5 %, pour un total de 674,5 milliards de francs CFA. Même tendance pour le Fonds de sécurisation des importations de produits pétroliers (FSIPP), dont les recettes ont bondi de 19,1 %, à 77,8 milliards de francs CFA.
Toutefois, certains segments affichent un recul. Les droits d’enregistrement et les droits de porte sur le pétrole ont diminué respectivement de 7 milliards et 4,6 milliards de francs CFA, traduisant un ralentissement ponctuel de l’activité dans ces domaines.
Sur le front des dépenses publiques, le tableau est plus nuancé. Leur exécution globale à fin août 2025 s’établit à 3 248,4 milliards de francs CFA, en légère baisse de 18,3 milliards par rapport à la même période de 2024. Cette contraction s’explique essentiellement par la chute de 42,4 % des dépenses d’investissement financées sur ressources intérieures, qui passent de 564,3 à 324,8 milliards de francs CFA. Une baisse qui interroge sur la capacité de l’État à soutenir la relance économique par l’investissement public.
En revanche, les charges d’intérêt sur la dette, les transferts et subventions ainsi que la masse salariale poursuivent leur ascension. Les intérêts sur la dette ont augmenté de 20,5 % pour atteindre 608,8 milliards de francs CFA, tandis que les transferts et subventions grimpent à 1 141,4 milliards (+8,4 %). La masse salariale de la fonction publique, elle, continue de peser lourd dans les finances publiques, atteignant 959,1 milliards de francs CFA, en hausse de 3,1 %.
Ainsi, à mi-parcours de l’exercice budgétaire 2025, le Sénégal affiche des recettes dynamiques mais des marges d’investissement comprimées. Un équilibre fragile, où la consolidation des recettes semble se heurter à la montée des dépenses récurrentes, posant la question du financement durable de la croissance et de la soutenabilité de la dette publique.












