Dakar-Londres : 50 entreprises britanniques annoncent 2 800 milliards FCFA d’investissements, selon Carine Robarts

Cinquante entreprises membres de la Chambre de commerce britannique au Sénégal, dont les activités démarrent lundi 27 avril à Dakar, disposent d’un portefeuille d’investissements estimé à 5 milliards de dollars américains, soit environ 2 800 milliards de francs CFA, a déclaré vendredi l’ambassadrice du Royaume-Uni, Carine Robarts.
Ces entreprises évoluent dans plusieurs secteurs, notamment l’énergie, les télécommunications, l’agriculture, l’éducation et les services, a précisé la diplomate lors d’une rencontre avec la presse économique sénégalaise à l’ambassade du Royaume-Uni.
S’exprimant lors d’une rencontre avec la presse économique sénégalaise à l’ambassade du Royaume-Uni, Mme Robarts a également indiqué que « le volume du commerce entre le Royaume-Uni et le Sénégal est maintenant de 700 milliards de francs CFA », soulignant qu’il est « quatre fois plus important que son montant en 2020 ».
Évoquant la conjoncture internationale, elle a relevé que « l’économie mondiale se trouvant actuellement dans une situation “compliquée” », Londres cherche à maintenir ses investissements au Sénégal. Elle a, dans ce sens, salué l’ouverture du pays aux capitaux étrangers, affirmant que « le Sénégal est resté ouvert aux investissements » malgré les difficultés économiques mondiales.
« Il y a encore des opportunités », a-t-elle soutenu, tout en prévenant que les investissements publics « vont tarir un petit peu » dans les prochaines années, « à cause de l’état des finances publiques » du Sénégal.
L’ambassadrice britannique a, par ailleurs, souligné que la présence de la compagnie pétrolière BP dans le secteur des hydrocarbures fait du Royaume-Uni le premier investisseur étranger dans le domaine de l’énergie au Sénégal.
Elle a ajouté que des entreprises britanniques développent également des projets dans le sous-secteur des énergies renouvelables, en complément des investissements dans les sources d’énergie classiques.
Mme Robarts a en outre rappelé la contribution du Royaume-Uni au financement du port de Ndayane, actuellement en construction sur la côte ouest du Sénégal.
Abordant les perspectives, elle a insisté sur la nécessité de renforcer les investissements privés dans un contexte marqué par la contraction attendue des ressources publiques, réaffirmant la volonté de son pays de consolider sa présence économique au Sénégal.
Cette dynamique s’inscrit dans le cadre du lancement officiel des activités de la Chambre de commerce britannique au Sénégal, qui ambitionne de faciliter davantage les investissements et de renforcer les relations économiques entre les deux pays.
De son côté, le dirigeant de la Chambre de commerce britannique au Sénégal, Karim Ndiaye, a assuré que la structure ne se limitera pas à des activités événementielles. « Nous ne voulons pas être une énième chambre de commerce, qui va juste faire de l’événementiel. Nous voulons vraiment apporter énormément de valeur ajoutée », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’organisation compte travailler avec les autorités sénégalaises pour « raccourcir le parcours de l’investisseur britannique » et « attirer davantage d’investissements » en provenance du Royaume-Uni. « Nous nous sommes demandé quel rôle doit jouer le secteur privé dans ce contexte assez particulier, où les ressources publiques tarissent », a-t-il ajouté.
M. Ndiaye a salué les réformes engagées par le Sénégal pour améliorer l’environnement des affaires, notamment la révision du Code des investissements et du Code général des impôts.
Dans ce cadre, la Chambre de commerce britannique au Sénégal organise lundi à Dakar une « table ronde de haut niveau » sur le thème : « Le nouveau Code des investissements : levier d’accélération des investissements britanniques au Sénégal ? ».
Adopté en septembre 2025, le nouveau Code des investissements constitue « une première étape majeure d’un programme ambitieux de réformes visant à améliorer l’environnement des affaires au Sénégal », selon l’ambassade du Royaume-Uni. Il vise notamment « à moderniser et à renforcer l’attractivité du cadre juridique des investissements », à travers « l’élargissement des secteurs éligibles, l’abaissement des seuils d’investissement, la réduction des délais de traitement, la stabilisation des incitations fiscales et douanières, ainsi qu’une meilleure protection des transferts de capitaux et de la convertibilité des devises ».
L’APIX prendra part à cette rencontre aux côtés des investisseurs britanniques.
La Chambre de commerce britannique au Sénégal ambitionne, à travers cette initiative, de favoriser « une meilleure appropriation du nouveau Code des investissements », d’identifier « les facteurs d’accélération et de freinage des investissements » et d’apporter « un éclairage sur les priorités d’investissement de l’État du Sénégal, notamment dans les secteurs stratégiques ».
« Cet évènement se veut une plateforme d’échanges privilégiée pour renforcer un partenariat gagnant-gagnant entre le Sénégal et les investisseurs britanniques », souligne la mission diplomatique britannique à Dakar.











