Budget multiplié par 6 : le Sénégal engage 350 milliards FCFA pour soutenir ses projets industriels (Ministre)

À Dakar, le lancement du Salma Dialogue Business Forum a servi de tribune à une ambition assumée : faire de l’industrie le socle du développement économique du Sénégal et, au-delà, un levier d’intégration régionale en Afrique de l’Ouest. Devant des acteurs économiques sénégalais et tunisiens, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a appelé à une mobilisation renforcée des gouvernements partenaires, du secteur privé et des investisseurs internationaux pour accompagner les projets structurants portés par le Sénégal et ses voisins.
Dans un contexte marqué par la recherche de souveraineté économique et de création massive d’emplois, le ministre a mis en avant un signal fort de l’État sénégalais : le budget du département en charge de l’industrie a été multiplié par six, atteignant 350 milliards de francs CFA. Un effort financier inédit, destiné à traduire concrètement la volonté des autorités de positionner le pays comme un hub industriel régional, capable de transformer ses matières premières, de diversifier son économie et de capter davantage de valeur ajoutée.
S’adressant particulièrement aux jeunes, aux femmes et aux entrepreneurs, Serigne Guèye Diop a insisté sur leur rôle central dans cette dynamique, estimant que l’industrialisation ne saurait réussir sans l’énergie créative et l’esprit d’initiative de ces acteurs. Pour le ministre, l’enjeu dépasse la seule croissance économique : il s’agit de bâtir un modèle de développement inclusif, durable et solidaire, inscrit dans des partenariats équilibrés avec les pays de la région et au-delà.
Dans cette optique, le forum a été pensé comme un espace de dialogue stratégique, notamment avec la Tunisie, présentée comme une source d’inspiration en matière de politique industrielle. Le ministre a exposé aux investisseurs tunisiens les grandes orientations du Sénégal, structurées autour de six priorités, afin de leur permettre de mieux comprendre l’environnement des affaires local et d’envisager des investissements à moyen et long terme.
La Tunisie, justement, était représentée par le secrétaire d’État chargé de la transition énergétique, Wael Chouchane, qui s’est réjoui de la tenue de cette rencontre axée sur des résultats concrets. Les deux responsables ont exprimé le souhait de voir émerger, à l’issue du forum, des partenariats effectifs entre entreprises sénégalaises et tunisiennes, fondés sur la complémentarité des savoir-faire et la co-construction de projets industriels.
Parmi les secteurs identifiés comme particulièrement porteurs figure l’industrie automobile et la mobilité durable. La Tunisie, forte d’un écosystème industriel progressivement consolidé dans ce domaine, mise sur la qualité, la formation et l’intégration locale pour accompagner les mutations technologiques. Une expérience qui, selon Wael Chouchane, repose sur une gouvernance claire, un dialogue permanent avec le secteur privé et une capacité d’anticipation, et qui trouve un écho naturel au Sénégal, pays en pleine transformation économique et porte d’entrée stratégique vers le marché ouest-africain.
Au-delà des discours, le Salma Dialogue Business Forum se veut ainsi une plateforme de coopération Sud-Sud et triangulaire, reliant l’Afrique, l’Europe et l’Amérique latine autour de projets communs, de transferts de technologie, de formations conjointes et de chaînes de valeur régionales. Pour les autorités sénégalaises, cette approche pragmatique pourrait bien constituer l’un des moteurs les plus crédibles de l’industrialisation du pays et de son ancrage dans une économie régionale plus intégrée et résiliente.











