Dakar : les travaux du terminal gazier de 70 milliards de FCFA avancent à grands pas

dynamique énergétique du Sénégal franchit une nouvelle étape avec l’avancement des travaux du futur réseau gazier du Port autonome de Dakar (PAD), destiné à alimenter les centrales électriques du pays. Le vendredi 17 octobre 2025, le ministre Déthié Fall, dans le cadre de ses visites d’imprégnation, s’est rendu sur les installations du port pour apprécier l’état d’avancement des travaux liés au nouveau terminal de gaz naturel liquéfié (GNL). Cette visite a permis de mesurer l’ampleur des investissements en cours et leur importance stratégique pour la sécurité énergétique du pays.
Au cours de sa tournée, une présentation détaillée lui a été faite sur le projet de construction du terminal de GNL en eau profonde, entièrement développé par le groupe sénégalais Elton. Sur le site même du chantier, le ministre a pu constater l’avancement rapide des travaux, notamment ceux portant sur le remblaiement et la protection côtière. Ces aménagements constituent la première phase d’un projet d’envergure dont les retombées devraient profondément transformer le paysage énergétique national.
Le terminal gazier du Port autonome de Dakar représente un investissement de 70 milliards de francs CFA, soit environ 121 millions de dollars. Pensé comme une infrastructure stratégique, il disposera d’une capacité de stockage de 140 000 m³ et permettra non seulement la production et la regazéification du GNL, mais aussi sa distribution à l’échelle nationale et sous-régionale. Cette capacité placera le Sénégal parmi les pôles gaziers les plus importants d’Afrique de l’Ouest.
Ce projet apporte de nombreux atouts, notamment le renforcement du rôle du Sénégal comme hub énergétique régional, la création de milliers d’emplois directs et indirects ainsi que le développement d’une nouvelle offre de GNL destinée aux industriels locaux et aux besoins croissants de la sous-région. Il s’inscrit également dans la dynamique nationale de maîtrise des coûts énergétiques et de diversification des sources d’approvisionnement.
Le terminal, en plus de sécuriser la disponibilité du gaz, doit offrir une solution logistique complète pour l’alimentation des producteurs d’énergie, des cimenteries, des industries et même des navires fonctionnant au GNL. Il vient en complément du futur pipeline destiné à transporter le gaz domestique depuis le nord du pays, permettant ainsi de multiplier les sources et d’accroître la résilience énergétique.
D’ailleurs, une étape importante avait été franchie en juin 2024, avec la signature d’un contrat de fourniture de GNL entre Elton et la Senelec. Cet accord vise à alimenter les centrales électriques nationales dans le cadre de la stratégie « Gas to Power », qui ambitionne de réduire les coûts de production d’électricité et de garantir une meilleure disponibilité du gaz naturel. Parallèlement, Senelec poursuit le développement de centrales à turbines à gaz à cycle combiné, notamment à Cap des Biches, tout en travaillant à la conversion de ses centrales existantes et celles des producteurs indépendants.
L’élément central de cette transition énergétique reste la mise à disposition du gaz domestique, en particulier celui issu du champ Yakaar-Téranga. Avec l’émergence de ce terminal et la montée en puissance des infrastructures gazières nationales, le Sénégal se positionne résolument sur la voie d’une souveraineté énergétique durable, soutenue par une maîtrise technologique croissante et un modèle économique tourné vers l’avenir.












