Dakar : Ousmane Sonko prône les “sacrifices” pour préserver la dignité nationale face au FMI

Sous un ciel clément de fin d’après-midi, la vaste esplanade du parking du stade Léopold Sédar Senghor vibrait samedi aux couleurs et aux chants du parti Pastef. Des milliers de partisans, drapeaux rouges et verts à la main, se sont massés dès les premières heures pour assister à ce que beaucoup appellent déjà le “Téra meeting”, un rassemblement d’une ampleur exceptionnelle. Sur la scène, le Premier ministre et président du Pastef, Ousmane Sonko, a pris la parole devant une foule compacte, galvanisée par les slogans à la gloire du “redressement national”.
Le chef du gouvernement a livré un discours à la fois politique et économique, revenant longuement sur les négociations récemment conclues avec le Fonds monétaire international (FMI). “Les discussions ont été difficiles”, a-t-il reconnu, précisant que le FMI avait proposé au Sénégal une restructuration de sa dette publique. Une option que le gouvernement a, selon lui, catégoriquement refusée. “Ils nous ont suggéré d’aller vers une restructuration, ce qui reviendrait à reconnaître un défaut de paiement. En clair, à admettre que le Sénégal est en quasi-faillite. Nous avons dit non. Nous préférons faire des sacrifices que perdre notre dignité”, a martelé Ousmane Sonko, ovationné par ses militants.
Face à un public survolté scandant “Sonko mooy rewmi !”, le Premier ministre a défendu la ligne de son gouvernement, qu’il présente comme une voie de “redressement par l’effort collectif”. “La mobilisation des impôts vaut mieux qu’accepter une restructuration de la dette”, a-t-il lancé, assurant que les mesures fiscales en cours n’ont touché “ni l’eau, ni l’électricité, ni le riz, ni le sucre”.
Dans un ton plus technocratique, Ousmane Sonko a ensuite détaillé les mesures de rigueur déjà engagées dans le cadre de la préparation du budget 2026. “Nous avons réduit drastiquement les crédits destinés aux séminaires, aux ateliers, aux voyages et à l’achat de véhicules. D’autres domaines feront aussi l’objet d’ajustements pour dégager des économies substantielles”, a-t-il expliqué. Il a également annoncé la création prochaine d’un comité budgétaire chargé de veiller à l’efficacité des dépenses publiques.
En reprenant le thème du Plan de redressement économique et social (PRES), le Premier ministre a une nouvelle fois appelé les Sénégalais à “tenir bon” durant cette phase de transition économique. “Nous devons accepter de faire des sacrifices pendant deux à trois ans, le temps de rétablir notre équilibre budgétaire et de relancer durablement notre économie. C’est une question de fierté nationale”, a-t-il insisté.
Entre ferveur politique et message de résilience économique, le meeting de samedi a pris des allures de démonstration de force. La mobilisation, impressionnante par son ampleur et son organisation, a confirmé la capacité du parti au pouvoir à rassembler au-delà de sa base traditionnelle. Dans une ambiance mêlant chants patriotiques, discours enflammés et promesses de redressement, Ousmane Sonko a cherché à imprimer l’idée d’un “nouveau contrat de confiance” entre l’État et le peuple — un contrat fondé sur la dignité, la responsabilité et la souveraineté économique.












