Expulsion contestée : le dossier Bocar Samba Dièye renvoyé devant la Cour suprême

À Dakar, le feuilleton judiciaire autour de l’homme d’affaires Bocar Samba Dièye et de ses trois immeubles connaît de nouveaux développements. Depuis près d’une décennie, ce bras de fer oppose l’opérateur économique à la Cbao-Attijari, sur fond d’allégations de dettes colossales, de pratiques bancaires contestées et de décisions judiciaires parfois contradictoires.
Tout commence en 2017, lorsque l’expulsion de M. Dièye est ordonnée pour une créance estimée à 7 milliards de francs CFA. L’homme d’affaires n’a jamais cessé de rejeter cette dette, affirmant qu’elle repose sur des bases irrégulières. Ses arguments trouvent un écho dans une expertise réalisée en 2020 et validée par la Cour de Dakar. Ce document évoque des pratiques bancaires jugées abusives : usure, anatocisme, agios « exorbitants ». L’expertise va plus loin en suggérant que le véritable solde du compte pourrait, en réalité, tourner à l’avantage de M. Dièye.
La situation s’est encore complexifiée au fil des ans. Les immeubles concernés, transférés au nom de la banque, se trouvent frappés de « prénotations » qui bloquent toute opération de vente. En février dernier, la Cbao-Attijari s’est vue déboutée de sa demande d’indemnité d’occupation de 3 milliards de francs CFA. Pire, en première instance, elle avait même été condamnée à verser 11 milliards de francs CFA de dommages et intérêts à l’homme d’affaires, avant que cette décision ne soit annulée par la Cour commune de justice et d’arbitrage (CCJA) d’Abidjan et la Cour d’appel de Dakar.
Le dernier rebondissement date du 22 septembre : le Tribunal de commerce de Dakar s’est déclaré incompétent pour statuer sur l’opposition de Bocar Samba Dièye à son expulsion. Une décision qui renvoie le dossier vers la Cour suprême, nouveau théâtre de ce conflit juridique hors norme.
En attendant, le commandement d’expulsion prévu en juillet 2025 n’a pas été exécuté. Juridiquement, les immeubles demeurent encore liés au patrimoine de l’homme d’affaires. Et loin de baisser les bras, ce dernier a choisi d’élargir la bataille : il a déposé une plainte pénale pour « escroquerie et recel d’immeubles » contre la banque et son directeur général.
Cette affaire, où s’entremêlent dettes bancaires, accusations d’abus financiers et procédures judiciaires successives, illustre à quel point le combat entre un particulier et une grande institution financière peut se transformer en véritable marathon judiciaire. Pour Bocar Samba Dièye, la partie est loin d’être terminée












