Sadio Mané signe son neuvième triplé lors du large succès 8-0 du Sénégal contre le Kenya

Sadio Mané continue d’écrire, avec une déconcertante sérénité, les plus belles pages de la légende du football sénégalais. À Antalya, mardi soir, l’attaquant des Lions a livré une partition céleste : un triplé incandescent, le neuvième de sa carrière professionnelle, le deuxième sous le maillot national, comme pour rappeler au monde que son éclat n’a rien perdu de sa force. Dans l’air frais de Turquie, le Sénégal a pulvérisé le Kenya 8 à 0, mais c’est bien Mané qui a illuminé la nuit.
Ce match n’était que le second de la série de rencontres amicales de novembre, après la défaite face au Brésil samedi dernier à Londres. Rien pourtant ne semblait pouvoir entraver la réponse fulgurante des Lions, qui ont lancé le spectacle dès la 9ᵉ minute grâce à un coup d’éclat de Nicolas Jackson. À peine le temps de respirer qu’El Hadji Malick Diouf ouvrait son compteur en sélection à la 12ᵉ minute, avant que Jackson ne double la mise à la 15ᵉ. Puis vint Mané, à la fois maître du tempo, finisseur irréprochable et symbole de constance. Trois flèches tirées à la 17ᵉ, la 31ᵉ et la 35ᵉ minute. Trois gestes qui résument une carrière façonnée par le travail, la discipline et une faim inextinguible de victoire.
Chaque apparition de Mané en équipe nationale semble prolonger un chapitre déjà immense. Avec ces trois nouveaux buts, il porte son total à 52 réalisations en 118 sélections, consolidant davantage son statut de meilleur buteur de l’histoire du Sénégal. Une trajectoire vertigineuse qui avait débuté en 2012 sous les couleurs du Red Bull Salzbourg, où il signa son tout premier triplé sur la pelouse de Kalsdorf. Depuis, les stades d’Autriche, d’Angleterre, d’Allemagne, d’Arabie saoudite et ceux du continent africain ont été les témoins respectueux des œuvres successives du génie de Bambali.
Des coups d’éclat, il en a offert partout : un triplé en Coupe d’Autriche, un autre en championnat, encore un en demi-finale nationale. En Premier League, il s’offre en 2015 le triplé le plus rapide de l’histoire : trois buts en 2 minutes et 56 secondes contre Aston Villa, un record qui n’en finit pas de sidérer les archivistes du football. Avec Liverpool, il danse sur la scène européenne, claquant en 2018 son premier triplé en Ligue des champions contre Porto, avant d’enchaîner doublés et prouesses, comme un artisan qui, malgré les trophées, continue d’affûter son art. Et en 2025, avec Al-Nassr, il franchit encore un cap : un quadruplé monumental face à Al-Okhdood, comme si l’âge n’était pour lui qu’un détail anecdotique.
Face au Kenya, le Sénégal signe sa deuxième plus large victoire de son histoire, après le 10-1 infligé à la Mauritanie en 1972. Dans cette soirée euphorique, Ibrahim Mbaye s’offre un premier but en sélection et deux passes décisives, Chérif Ndiaye parachève la démonstration, mais c’est bien Sadio Mané qui en demeure l’âme vibrante. Celui dont la trajectoire inspire une génération entière, celui qui porte le Sénégal avec une élégance de capitaine invisible, celui qui, match après match, rappelle que le talent n’est rien sans la constance, et que la gloire n’est belle que lorsqu’elle se partage sous les couleurs d’un pays.
Mané n’est pas seulement un footballeur ; il est un symbole vivant, une lumière qui accompagne chaque supporter dans ses rêves les plus vastes. Et à Antalya, il a simplement rappelé qu’il n’en a pas fini d’inscrire son nom parmi les immortels.












