Gel des importations d’oignon et de pomme de terre : les acteurs saluent un tournant décisif pour l’horticulture locale

La décision du gouvernement sénégalais de geler les importations de pomme de terre et d’oignon à compter du 16 janvier 2026 continue de susciter des réactions positives au sein des acteurs du secteur. À Thiès, le vice-président de l’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (UNACOIS), Aly Ndiaye, a salué une mesure qu’il qualifie de « structurante » pour la protection de la production locale et la stabilité du marché.
Officiellement annoncée par le ministère de l’Industrie et du Commerce à travers une lettre circulaire, cette décision s’accompagne du lancement de la campagne de commercialisation 2025-2026 de la production horticole nationale. Elle marque une étape importante dans la régulation du marché des produits agricoles stratégiques, souvent confronté à la concurrence des importations en période de récolte locale.
« Nous sommes satisfaits de cette décision des autorités de geler les importations d’oignon et de pomme de terre », a réagi Aly Ndiaye, estimant qu’elle répond à une demande ancienne des producteurs et des commerçants locaux.
Une décision fondée sur des constats de terrain
Selon le responsable de l’UNACOIS Thiès, cette mesure est le fruit d’un processus de concertation et d’évaluation entamé dès le mois de décembre dernier. Une tournée conduite dans le Fouta par la Direction de l’horticulture, en compagnie de représentants de l’interprofession pomme de terre, choux et carotte, ainsi que d’associations de consommateurs, a permis d’apprécier le niveau de maturité des cultures d’oignon local.
Début janvier 2026, une seconde mission a conduit les autorités dans la zone de Sangalkam, où des chambres froides en cours d’installation devraient être en mesure de réceptionner jusqu’à 20.000 tonnes de produits d’ici le mois de mars. D’autres localités à forte vocation agricole, telles que Kayar, Mbane et Notto Gouye Diama, ont également été visitées afin d’évaluer l’état d’avancement des cultures de pomme de terre.
Ces différentes visites ont permis aux autorités de constater que les premières productions locales devraient arriver sur le marché dès la fin du mois de février, et en quantités suffisantes pour couvrir la demande nationale. « Cela a facilité l’ouverture de concertations par l’Agence de régulation des marchés (ARM) avec l’ensemble des acteurs, notamment pour faire le point sur les stocks déjà importés », a expliqué Aly Ndiaye.
À l’issue de ces échanges, l’ARM a demandé aux importateurs d’acheminer leurs dernières commandes avant la fin du mois de décembre, au-delà de laquelle les importations sont officiellement gelées. Pour accompagner cette campagne, l’agence a mobilisé un fonds de commercialisation d’un milliard de francs CFA, destiné à soutenir les différents acteurs de la chaîne.
Les estimations pour la campagne en cours font état d’une production d’environ 245.000 tonnes de pomme de terre. Grâce aux dispositifs de conservation et de stockage, l’approvisionnement du marché devrait se faire de manière régulière, tout en réduisant les risques de rupture.
Au-delà de l’aspect conjoncturel, le gel des importations d’oignon et de pomme de terre apparaît comme une mesure stratégique visant à protéger la production locale, à stabiliser les prix et à éviter la surabondance de produits importés, souvent préjudiciable aux producteurs nationaux. Une orientation saluée par les acteurs du secteur, qui y voient un signal fort en faveur de la souveraineté alimentaire du Sénégal.












