Justice et numérique : le Chef de l’Etat Bassirou Diomaye Faye trace la voie d’une transformation historique

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réaffirmé avec force, jeudi, sa volonté de bâtir une justice sénégalaise résolument moderne, performante et adaptée aux exigences du temps. Un engagement qu’il place sous le sceau du numérique, désormais perçu comme un levier incontournable de transformation du système judiciaire.
Présidant la cérémonie de la rentrée solennelle des cours et tribunaux, placée sous le thème « Le juge face au défi du numérique », le chef de l’État a souligné que l’appropriation des outils numériques ne saurait être l’apanage du seul juge, mais doit concerner l’ensemble des acteurs de la justice. Pour lui, il s’agit d’une condition essentielle pour améliorer l’efficacité, l’accessibilité et l’équité du service public de la justice.
Vers une justice numérique souveraine et inclusive
Bassirou Diomaye Faye a insisté sur l’ambition de l’État de garantir une justice numérique « souveraine, sécurisée et inclusive », capable de répondre aux attentes des justiciables tout en respectant les principes fondamentaux de l’État de droit. Le numérique, selon lui, constitue un outil puissant pour relever les défis structurels auxquels font face les juridictions, notamment la maîtrise des délais et la célérité dans le rendu des décisions.
Dans un monde en mutation accélérée, le président a averti que les États et administrations qui refuseraient de s’adapter aux technologies numériques risqueraient d’être irrémédiablement dépassés. Pour autant, il a tenu à rassurer : l’intelligence artificielle et les outils numériques ne menacent ni l’indépendance ni l’impartialité de la justice. Ils doivent, au contraire, en devenir des garants, à condition d’être encadrés et maîtrisés.
Cette modernisation, a-t-il reconnu, impliquera nécessairement des réformes juridiques d’envergure. Parmi les innovations envisagées figurent l’assignation et la citation par voie électronique, la signature numérique, la dématérialisation de certaines procédures, mais aussi les interrogatoires à distance et le recours au tribunal virtuel.
Le chef de l’État a également souligné l’urgence d’accélérer la mise en œuvre du schéma directeur du numérique dans la justice, en veillant à une connectivité sécurisée, continue et adaptée, appuyée par des équipements fiables. À cela s’ajoutent l’adaptation des curricula de formation, la révision des référentiels éthiques et déontologiques, ainsi que le renforcement de la culture de la cybersécurité au sein de l’appareil judiciaire.
En définitive, Bassirou Diomaye Faye appelle à la construction d’une justice « moderne, robuste et proactive », capable non seulement d’intégrer les technologies de l’information et de la communication, mais aussi d’en anticiper et d’en contenir les risques. Une vision qui ambitionne de faire du numérique non pas une contrainte, mais un moteur de confiance et d’efficacité au service du justiciable.













